samedi 30 mai 2009

Carnet de route n°19

No Popcorn on the floor


Blois. 50 000 habitants. Je suis arrivé la veille en voiture avec Fabrice. Nous avons déjeuner au Monarque le midi, restaurant à la cuisine fine. Très agréable. Céline m’a rejoint en train dans l’après-midi depuis Dax.

9h30. Réveil et petit déjeuner à l’hôtel Anne de Bretagne. Croissant et tranche de quatre-quart. A ma gauche un poisson rouge tourne en rond dans son bocal. A ma droite, une table d’Anglais en pleine forme qui se marrent. Pain-beurre et confiture. Nous nous promenons dans la ville. Château. Place Louis XII. Grand marché. Fruits et légumes, charcuteries, fromages, artisanat, tissus, profusion de couleurs sous le soleil. Tout nous donne envie. Quelques pas le long de la Loire. Bateau traditionnel dont j’ai encore oublié le nom, zut.

12h00. Repas au “Poivre et Sel”. Très bonne salade. Ici, tout est réglé comme du papier à musique. Le patron se tient un peu cambré, il a l’allure d’un ancien danseur. Aujourd’hui il est le chef d’orchestre de cette ruche où chacun a son rôle, passe d’une table à l’autre, sourit et sert. Fin du repas et du marché. Achat de fraises. Elles sont à tomber à la renverse. Déambulations. Comme toujours le temps passe très vite, trop vite. Un grand-crème et un expresso en terrasse.

19h. Marie-Laure nous récupère en bas de l’hôtel et nous partons dîner dans un restaurant à viandes près des Lobis. Il est très tôt. Pavé de boeuf. Pas le temps de prendre le dessert. Nous reviendrons après le lancement de la projection.

20h. Les Lobis (anagramme de Blois), 3 écrans près des anciennes halles aux grains de la ville. C’est une société qui gère les lieux et le propriétaire possède plusieurs cinémas en France. Des salles à Carcassonne par exemple mais aussi un multiplexe en périphérie de Blois. Ce soir est une soirée très particulière, c’est la dernière avant fermeture pour travaux. Ils vont réaménager l’entrée, créer un espace bar et rafraîchir les salles. Marie-Laure me présente Nicolas, le directeur et programmateur. Très cool, humour fin, le contact passe très bien.

Longue file d’attente sur le trottoir. Je me demande s’ils vont voir “No Popcorn”. Il y a “Tokyo Sonata” et le “Looking for Eric” de Ken Loach dans les deux autres salles. On m’annonce 80 spectateurs. Enorme ! Moi qui m’étais habitué à une dizaine de spectateurs au maximum ... C’est une belle surprise. Photo devant l’affiche avec l’équipe par un journaliste du coin.


Présentation du film avec l’association Ciné’Fil qui a organisé la soirée. Les gens sont confortablement assis. J’adore les fauteuils seventie’s avec dossier en plastique. Je fais court, bonne projection. Un élu de la ville est assis au premier rang. Micro. Il dit rapidement quelques mots de félicitations (J’apprendrai plus tard qu’il n’est pas resté pour voir le film... rien de très étonnant hein ?). Nous retournons au restaurant près du cinéma. Dessert et cafés. Clopes aussi, comme toujours.

21h50. Générique. Applaudissements nourris de la salle. Sourires. Je parle du film et de cette expérience qui a prit 4 ans de ma vie. Un peu d’humour ici et là pour détendre l’atmosphère. Comparaison des chiffres de mon film avec ceux de X-Men…rires. Les gens sont heureux mais un peu tristes aussi. Ils ne pourront plus venir dans leur salle pendant tout l’été. 


Nous sortons tous de la salle pour boire un verre dans le hall d’entrée. Jus d’orange pour moi. Une jeune fille vient me voir et me demande de lui dédicacer l’affiche de No Popcorn. Je m’exécute. Une autre, très timide, 18 ans tout au plus, hésite à m’aborder puis fini par me dire “Félicitations ! J’ai adoré”. Une autre projection suit mon film, celle d’America. Les spectateurs rejoignent leurs fauteuils. Nous restons discuter devant le cinéma avec une partie de l’équipe des Lobis. Programmation. Nicolas doit souvent trouver des compromis et se “battre” avec sa direction pour passer certains films. Pas facile tous les jours quand on aime le cinéma et que vos interlocuteurs ont les yeux rivés sur les tableurs Exel et le nombre d’entrées…Fermeture des grilles. On ne va pas se quitter comme ca ? Si ?

Direction le centre-ville un peu plus bas. Pub à l’ambiance rock. Déco surchargée d’affiches de concerts et de slogans en tout genre. Nous ne connaissons pas le patron mais il nous serre la main. Whisky-Coca. Clope et discussions dehors devant le bar avec Nicolas.

3h du matin. Bien naze. Retour à l’hôtel avec Céline. Demain nous repartons sur Paris. Des lustres que je ne me suis pas un peu posé chez moi. J’ai hâte. Je sais aussi qu’il y a du courrier qui m’attends. Des factures, le loyer, les impôts… et puis mon actualisation aux Assedics. Je ne touche plus de chômage depuis octobre car je n’ai pas réussi à boucler mes 507 heures de boulot l’année dernière (en fait j’ai du en faire 4 fois plus mais bon…). C’est aussi ça être intermitent du spectacle !  Gagner moins, toujours moins.

jeudi 28 mai 2009

Carnet de route n°18

No Popcorn on the floor - Vierzon

15h. Tours. Sorti de l'hôtel de l'Europe. Café en terrasse. Deux dames agées s’assoient sur la table voisine. Elles doivent avoir plus de la soixantaine. Tailleurs Channel, foulards en soie, montre en or et bijoux bien en évidence. C’est le règne du Bling Bling. L’une d’elle est trop parfumée, elle empeste. “Il y a trop de vent ici non ?”. Maniérées jusqu’au bout des ongles, elles attendent le regard de l’Autre. L’une lance d’un ton sec au serveur : “Deux Perriers Monsieur, je vous prie”. Clope. J’observe tout en écrivant sur mon ordinateur portable. Extraits.

Vieille (cheveux roux) : “Regarde tous les plans sociaux en ce moment, ça ne doit pas être facile à gérer pour son gouvernement. Ils ont la pression !”
Vieille (cheveux blancs) : “Oui mais les gens tu sais, ils veulent gagner de l’argent et bien vivre toute leur vie dans la même société … c’est pas possible aujourd’hui !”
Vieille (cheveux roux): “Il y a trop d’aides de l’Etat et les gens ne se prennent plus en charge eux même. On ne peut pas dire que ça va mal à cause de Sarkozy”
Vieille (cheveux blanc) : “Non, ça va mal pour tout le monde de toute façon. Regarde, même Henri qui devait changer de Mercèdes attend un peu avant d’acheter.”

Elles sirotent leur boissons, arrogantes. La vie ne leur à même pas appris à ne plus être des poufiasses…

19h. Je retrouve Fabrice en bas de l’hôtel. 206 grise de Centre Images. 130 km/h. Autoroute. Dans la voiture on parle du film, de sa programmation, de la réticence de certains exploitants car il peut leur envoyer l’image de leur propre médiocrité. On parle aussi de la Région Aquitaine. "Mais que font-ils donc pour mon film ?" Ils ont mis 70 000 euros dessus mais il ne circule dans aucune salle de cette région.

Arrêt curiosité. Garage au Mur de Sologne, petit village en bordure de nationale. Voitures américaines entassées. Dépanneuse. Mustang. Chevrolet. Pick-up. Police de Montréal. Outils en vrac dans l’atelier, à l’ancienne.

Arrivée à Vierzon. Ville industrielle et mairie communiste. 30 000 habitants. Cinéma fermé. Nous déposons les bobines du film au vigile devant le Ciné Lumière. Débarbouillage dans la chambre d’hôtel “Au Relais de Vierzon”. Dans le couloir affichettes signées de Popeck, des Charlots et d’Annie Cordie”. Brel aussi. “T'as voulu voir Vierzon et on a vu Vierzon”.

20h30. Retour au Ciné Lumière. Nous retrouvons Michel, mon producteur de Beta Prod, et sa femme Marie, sur le parking. 5 salles construites en 2005 sur le site d’une ancienne. Le lieu est magnifique et dégage une ambiance particulière. Vengeance, l’affiche de No Popcorn est à côté de Johnny. Visite d’un multiplexe indépendant à visage humain. Popcorns entassés sous plexiglass et friandises. Fabrice me présente Francis, le directeur du cinéma. Nous sommes en troisième page du journal local. Une pleine page et une photo de Michel derrière les plantes dans son bureau. Début de la projection. Ils sont 12. Un des spectateurs a acheter des popcorns à l’entrée. C’est le premier qui ose et ça me plaît.

Repas dans une pizzeria non loin du cinéma avec Francis, Fabrice, Michel et Marie. Francis ne mange pas. Discussions sur le film. Francis m’avoue ne pas l’avoir aimé. Peut être s’attendait-il à un film plus explicatif, plus pédagogique ? Ne se reconnait-il pas assez dans ce combat d’exploitant ?

22 heures. Rencontre avec Batman devant le Ciné Lumière. Francis nous prend gentillement en photo. Batman est en fait un des vigiles, accro aux déguisements et fin coûturier. Pas de Joker, il est mort.

Débat. Les gens sont heureux d’être présents et les échanges sont intéressants. Deux animateurs (un journaliste et un prof) me relance avec des questions régulièrement. Ils sont très sympas. Le spectateur qui avait prit un gobelet de popcorn ne l’a pas fini. Mon film lui aurait-il coupé l’appétit ?

23h30. En terrasse “Au bureau” avec Fabrice pour un dernier verre. Un homme sort avec sa guitare, visiblement en colère après un gars et sa copine qui enfourchent une moto. Il prend une chaise et s’installe avec nous. Paco est gitan et il le revendique, un peu trop. “J’ai des visions !”. Ah bon ? Paco n’est pas méchant, il empeste juste l’alcool (Pourtant sur les prospectus touristiques, il y a toujours marqué “Vierzon, ville d’eau”). Né en Algérie, à Oran. Il joue surtout du flamenco. “Vous voulez que je vous joue un morceau ?”. 30 secondes de gratte. Le patron du bar sort : “Paco, ça suffit maintenant, il y’a des gens qui dorment !” Nous le laissons seul, assis, au milieu de cette grande terrasse vide.

Entre les bourgeoises, un garage américain improbable, Popeck, Batman et Paco, la journée à été longue. Après demain, j’espère croiser Spiderman à Blois, on se fera peut-être une toile ensemble.

mercredi 27 mai 2009

Carnet de route n°17

No Popcorn on the floor - Château-Renault


Aujourd’hui mon blog sera plus court par manque de temps. J’ai du sommeil à rattraper.

14h30. Déambulations dans Tours. Je ne connais pas cette ville mais elle a beaucoup d’atous. Rues piétonnes. Café et brioche avec des éclats de chocolat. Je vais rarement dans les magasins (trop déprimant) mais aujourd’hui je m’autorise un petit tour à la Fnac. Rayon “documentaires”. Des films de Peter Watkins se partagent les étagères avec “Shoah” de Lanzmann. Mais il y’a aussi “Antoine à Madagascar”, “Apprendre à bien conduire”, “Le club hippique de France”, “Les secrets de la forme ou comment perdre 5 kilos par semaine” … Bref, des merdes sans intérêt qui n’ont rien à foutre dans ce rayon. Il faut vendre à tout prix, n’importe comment et plus rien n’a de sens. Et puis c’est cher !!! Compter 25 à 30 euros pour un film de Philibert quand vous avez des dvds à moins de 9 euros pour des pseudos-films commerciaux américains. L’accès à la culture ? Pas facile… ou alors il faut être très motivé.

Café en terrasse et wifi zone. Repas des grands jours : Panini poulet fromage. Des vitamines aussi avec un Orangina.

18h. Hôtel de l’Europe. Départ en voiture avec Fabrice. 45mn plus tard, arrivée à Chateau-Renault en Indre et Loire. Environ 5000 habitants. Des rues, des rues, mais où est donc passée la population ? Marie Laure nous attends dans un bar, les locaux de Centre Images sont à deux pas. Apéro pour eux, café pour moi. Fabrice repart sur Vendôme pour l’inauguration d’un multiplexe.

20h. Nous descendons la rue qui mène au Balzac. L’Affiche de “No Popcorn” a trouvé sa place à l’angle d’une rue, des poubelles la cache un peu. Je ne crois pas aux “signes”.

Le Balzac est un très beau cinéma. La salle existe depuis 1873, ce fût d’abord théâtre. En 1908 une affichette annonce “l’arrivée du cinématographe”. Les murs de la salle de réunion sont couverts de l’histoire du lieux. Articles de presse, photos, venues de réalisateurs, beaucoup de ces documents proviennent des archives départementales. C’est rare. Peu de cinémas ont réussi à garder leur mémoire.

20h30. 18 entrées payantes et une place invité. Rapide photo du projectionniste pendant qu’il lance le film. “J’espère que cela ne va pas me déconcentrer et que je ne vais pas faire de bêtises !”. Je jette un oeil dans la salle, tout va bien. Bon format 1:85 et bon son Dolby SR.

Nous Partons manger au restaurant avec Marie-Laure et Laurence, la présidente de l’association qui gère le Balzac. Elle est bénévole. Elle est surtout chercheur et travaille à l’INRA sur la reproduction. Nous parlons des Etats-Unis où elle a vécu, de jardinnage aussi. Tout est très bon. Déca chocolat.

22h. Débat. Spectateurs très souriants. Annecdotes. Genevieve est une habituée. Elle n’est plus toute jeune mais reste cinéphile jusqu’au bout des ongles. “No Popcorn” lui rapelle son enfance.

Minuit. Fermeture. Les gens embarquent dans leurs voitures et disparaissent. Gorge sèche, j’ai dû trop parler comme d’habitude. Rien à boire et aucun bar ouvert. Marie-Laure me propose de visiter les locaux de Centre Images. L’endroit est très beau. Plusieurs bâtiments anciens et une grande cours. Bureaux, salle de réunion, plateau de tournage pour animation, banc-titre, station de montage. Ils accueillent des jeunes réalisateurs qui trouvent là tout le matériel nécessaire à leurs projets mais aussi un logement. “Bien rebrancher l’alarme”.

Retour en voiture sur Tours. Clope à la fenêtre comme la veille. La ville est calme. Rouge, vert, les feux alternent. Les clochards sont toujours là, en bas. Une jeune femme passe près d’eux, elle marche très vite. Est-elle pousuivie par ses propres peurs ? Au final, moi aussi je cours, mais après quoi ?

mardi 26 mai 2009

Carnet de route n°16

No Popcorn on the floor - Richelieu


8h30. Taxi pour la gare de Dax. Paupières lourdes. Café. Le patron du bar tire la tronche sans raison. Agréable. Quelques contrôleurs sont accoudés au comptoir devant leurs demis. “Perturbations sur le traffic. Une partie du personnel est en grève”. L’écran affiche 10 mn de retard. J’hésite à acheter la presse puis me ravise. Aucune envie de me plomber la journée avant qu’elle ne commence.

9h14. Train bondé. Voiture 10. Place 71. Des valises sont entassées ici et là, passage difficile entre les voyageurs. Une poussette entrave les portes. Ca grogne. Une vingtaine de touristes allemands dont le train a été annulé, ont pris place un peu au hasard. D’autres voyageurs arrivent. “Excusez moi, mais vous êtes à ma place.” Explications dans un anglais très approximatif. “Ok, but what is your number ?”. Les allemands s’expliquent.  Au guichet on leur a dit qu’ils pouvaient prendre place dans ce train sans réservation adéquate. Ils refusent donc de bouger. Le gars qui veut sa place commence à s’énerver. “Et je fais quoi moi alors ? Il n’ y a plus de place et j’ai payé !”. Silence, personne n’a de solution. Le gars qui attend bloque l’allée, les voyageurs derrière lui râlent. Il fini par lâcher : “I go to call the contrôleur”. Scène de film Suspense. Le contrôleur arrive. Tous les regards sont rivés sur lui. “Your ticket please”. Les allemands s’exécutent. “Ah mais vous n’êtes pas prioritaire monsieur ! Ce n’est pas votre train. Vous devez voyager sur les strapontins ou debout. Je vous demande de bien vouloir laisser la place aux personnes qui ont réservé sur ce train.” Les allemands se lèvent. D’autres voyageurs sont debout dans le passage avec leurs grosses valises. “Et vous, vous êtes où ?”. “Nous sommes là, mais cette dame est à notre place”. La dame : “Oui, je suis là parce que ma place est prise dans l’autre wagon…”. Le contrôleur tente de garder son calme : “Si personne ne respecte le numéro de son siège on ne va jamais s’en sortir”. Après 20 minutes de négociations, tout le monde est assis. Seuls les allemands voyageront debout jusqu’à Paris.

13h. La Rochelle. Clope. Poitiers. Sandwich crudités fromage en attendant ma correspondance. 

14h50. Arrivée à Tours – Saint-Pierre des Corps. Je prend un taxi pour rejoindre l’hôtel de l’Europe. Une vieille dame est à la réception. Elle ne bouge presque pas, comme si elle était empaillée. Chambre 209. Dans l’ascenceur une affichette me met en garde : “ Si on vous apperçoit fumer même à la fenêtre de votre chambre, vous devrez payer votre amende plus celle de l’hôtel, à savoir  68+135 = 203 euros”. Sympa. Belle vue sur la gare de Tours. Sieste puis ballade dans les rues piétonnes.

18h30. Je retrouve Fabrice et Marie-Laure de Centre Images en bas de l’hôtel. Nous partons avec Fabrice en voiture, direction Richelieu. Autoroute et nationale.

19h40. Richelieu, ville créée par le Cardinal lorsqu’il était ministre de Louis XIII. 2000 habitants. La cité se présente sous la forme d’un vaste quadrilatère. Des rues tracées à la règle, trois belles portes en pierre, une grande église, des halles et des hôtels particuliers. 


Le "Majestic" est situé dans une petite ruelle. Fabrice me présente Jean-Yves, le directeur. Nous visitons les lieux. Porche, petite cours intérieure,  salle de 240 fauteuils refaite en 2003. Nous partons manger, la place principale est vide. Restaurant chic, un peu à l’ancienne. Très agréable. Je découvre la personnalité de Jean-Yves. C’est un passionné, un combattant. Un gars très attachant avec une foule de projets en tête. Jean-Yves est dans l’opposition et tente de faire bouger sa ville qu’il considère comme presque morte culturellement.

21h. Retour au “Majestic” et visite rapide de la cabine. Projecteur italien. Photo de Pierre le projectionniste. Les spectateurs et les bénévoles du cinéma sont déjà dans la salle. Présentation rapide du film et “bonne séance”. Nous partons boire un verre avec Fabrice. “La boule d’or” est un de ces bistrots typiques des villages ruraux. Ici les gens sont natures.

22h30. Scène de la plage et du ballon. Clac. Dans la salle, les lumières s’allument brutalement avant que le générique de fin du film ne commence. Les spectateurs sont surpris, moi aussi. Je suis surtout déçu pour eux. La musique revient parfois sur l’écran blanc. J’entre dans la salle et improvise. “Il y a un petit problème de projection. Si vous voulez je vais vous commenter le générique de fin”. 


Rires contenus. Débat très agréable. Propos divers sur le film, les personnages. Comparaisons entre l’Atalante et le Majestic. Ici, il n’y a que des bénévoles. Sans eux pas de cinéma. Tâcle en bonne et dûe forme à l’AFCAE. Fabrice explique le travail de Centre Images. Les discussions se poursuivent autour d’un verre dans la salle.

Minuit 46. Nous repartons en voiture avec Fabrice sur Tours. 2 heures du matin. Je fini de regarder “GAL” sur mon ordinateur portable. Joli film. Pas de policiers en vue, je fume une clope à la fenêtre. Devant la gare des clochards s’installent sur leurs cartons. Rideau.

vendredi 22 mai 2009

Carnet de route n°15

No Popcorn on the floor - Contis


3h du mat. Hôtel de Coëtquidan. Sonnerie horrible du réveil de mon téléphone portable. Dans le miroir de la salle de bain je vois un gars avec des cernes et des yeux rouges. Sur ses papiers officiels il y a écrit “cinéaste” mais dans la vie il est représentant de “No Popcorn on the floor”. Petite pancarte dans la douche : “S’il n’y a pas d’eau chaude, composez le 9 pour obtenir la réception”. Douche froide. En voiture.

4h30. Lorient. Ne pas oublier de refaire le plein. Hôtel Ibis, près de la gare. Réveil trois heures plus tard et petit déjeuner dans une cafétéria déserte. Même les croissants se sentent seuls. Je survole les journaux et embarque une pomme pour le voyage.

8h. Fin de la tournée Bretonne organisée par Matthieu Peron et “Ecrans 56”. Calcul rapide sur le compteur de la Twingo. 1348 km parcourus. Je dépose la voiture chez Europcar, achète un sandwich thon-crudités et m’engouffre dans le train Corail en direction de Bordeaux. Place 53 côté vitre.  Je m’assoupis. Nuit morcelée, rêves morcelés.

14h20. Arrivée à Bordeaux. Plein soleil. Céline, ma chérie, est venue me chercher en voiture. Retrouvailles. Céline est prof d’anglais à Dax. Café en terrasse et clope. Nous nous balladons un peu dans les rues piétonnes. Je me sens bien. Glace au citron. Des mômes jouent à s’éclabousser le long de la Garonne. Nous traçons vers le sud en 206.

20h45. Contis-Plage. 80 habitants à l’année, 1200 l’été. Cinéma “Le Select”. Je suis déjà venu ici mais impossible de me rappeler quand et pourquoi. Nous retrouvons Ramuntxo et sa petite famille (Pascale, Yon et Lucas). Betty et Rainer tiennent le cinéma depuis 14 ans ils viennent du théâtre. Pas de salaires. Des bénévoles sont là. Rainer aggrafe l’affiche de No Popcorn sur celle de Millénium, le temps d’une soirée.

Une quinzaine d’entrées. “La séance commence”. Repas en terrasse devant le cinéma. Poulet, riz et lentilles. Betty me dit qu’elle n’aime pas la musique du film. Déca. Ils ont reçu deux copies du film. Embêtant, il va leur falloir payer deux retours… Fond musical “Pils”. Au fil de la discussion, nous apprenons qu’une projection est organisée mardi 26 mai par la Région Aquitaine pour tous les exploitants du coin. Le film va peut être finir par passer dans la Région qui l’a aidé à voir le jour !

Générique et applaudissements. Ramuntxo tousse, il explique que nous avons projeté le film au Mexique le mois dernier. C’est évidement faux mais il se fait plaisir. Je donne quelques chiffres sur le film puis Ramuntxo parle de son parcours.

Ramuntxo : “Au moment de mon départ de l’Atalante je suis resté plus d’un an sans travailler. L’emploi fictif de Ministre de la Culture était déjà pris.” Rires. “Aujourd’hui je suis journaliste”. Nous parlons de la culture et de ceux qui la consomment sans trop réflechir. Et la diversité dans tout ça ? Spectateurs attentifs qui nous demandent ce qu’est devenue l’Atalante. Ramuntxo embraye et passe la seconde. Il parle de la nouvelle directrice puis annonce que ce cinéma (le plus vieux du Sud-Ouest, ouvert en 1913) risque d’etre rasé sous peu… Silence. A priori, l’idée est de regrouper le lieu historique avec les deux salles de l’Autre Cinéma le long de l’Adour. Les spectateurs râlent. “Ce beau cinéma avec sa mosaïque, sa taverne et son plancher qui craque va disparaître au profit d’un nouvel endroit sans âme…”

Minuit passé. Derniers verres en terrasse. Millenium a repris sa place dans le cadre. Eternelle question de fin de soirée à laquelle nous n’avons jamais de réponse claire : “Programmeront-ils No Popcorn au Select ?”. Remerciements à Betty et Rainer pour leur accueil, ils sont vraiment charmants tous les deux. Bien crevés, nous rentrons sur Dax. Route déserte et tordue. Rainer : “Attention au cerfs qui traversent , ils sont toujours par deux.”

Demain à 15h, le Select passera “Le baiser du tueur” de Kubrick. Je me contenterai d’autres baisers, moins dangeureux, et d’un week end pour me reposer. J’ai trois jours “off” avant de repartir en Région Centre.

jeudi 21 mai 2009

Carnet de route n°14

No Popcorn on the floor - Guer


Réveil 10h30. Rostronen. Fête de l’ascension. “Personal Jesus”, je suis dans une journée Depeche Mode (DM). J’ai du mal à trouver un bar ouvert, la religion m’emmerde. Expresso sur un comptoir en formica dans un PMU. Des petits vieux jouent aux dominos, d’autres font leurs tiercés. Je sors mon mac pour écrire quelques phrases. Je sens quelques des regards sur moi. “Il ne serait pas un peu défectueux ce garçon ?”.

12h15. “Eventail des Saveurs”. Arnaud m’a gentillement invité à manger dans ce restaurant gastronomique. Accueil soigné, ambiance épurée et harmonie des couleurs. Discussions autour de la diversité culturelle. Poisson. Nous parlons du film et de Ramuntxo. Café. Très joli moment. J’espère que nous nous reverrons le 27 août pour une autre projection de No Popcorn et qu’il finira par être programmé.

15h. Départ pour Guer, à l’autre bout de la carte du Morbihan. Compter 2 heures. Je commence à accumuler la fatigue de la route. Le peu de spectateurs lors des projections n’entame pas mon enthousiasme ni ma volonté de faire découvrir mon documentaire. Chose promise, chose dûe. Je m’arrête sur le bord de la route pour flasher un radar avec mon téléphone portable. Un gars ralenti en passant et me dévisage. “Behind the wheel” (DM)

18h. Entrée dans Guer. Je fais le tour de la ville à la recherche de mon hôtel. Après vérification, il est à Coëtquidan non loin de là. Chambre 114. “In your room” (DM). Ma fenêtre donne sur l’entrée de l’école militaire de Saint Cyr. Il y a le wifi, j’en profite pour envoyer quelques mails et regarder les dernières actualités dans le monde. Tri dans mes factures et ma paperasse.

19h. Découverte du cinéma “Quai 56”. Belle allure, il est flambant neuf. Parking et bobines dans le coffre. Rencontre avec Loïc, le président de l’association. L’affiche de “No Popcorn” côtoie celle d”Incognito”. Je me dis qu’il aurait aussi pu s’appeller comme ça, mon film. Incognito. Visite du cinéma. Très belle salle, bonne pente pour les sièges, cabine de projection équipée en 35mm mais aussi en numérique. C’est la première fois que je vois une installation de projection numérique dans un cinéma. Le distributeur donne une clé informatique qui dévérouille l’accès aux films sur les disques durs. Nous nous retrouvons tous devant le cinéma. D’autres bénévoles arrivent sur le parking. Joyeuse bande pleine d’énergie et rires. Clope. “Shake the diseases” (DM).

20h. 8 entrées payantes. “Nothing” (DM). Généralement le film du jeudi soir est projeté à 20h30. Nous décidons d’attendre une demi-heure au cas où… Loïc court dans la salle pour s’excuser auprès des spectateurs déjà présents. Fidèle au poste, Bernard arrive. Ce soir il a une petite caméra pour filmer. Projection. Nous partons dîner avec Loic, sa femme et 3 bénévoles dans un restaurant. Saveurs exotiques. Glace au camembert en entrée. Poulet au curry. Très bonne entente et moment convivial.

22h15. Retour en urgence au cinéma. Nous n’avons pas vu le temps passé. Le film est terminé depuis 5mn et les spectateurs nous attendent sagement dans la salle. Débat. Sur la fin, je demande à quelques spectateurs pourquoi ils sont venus voir “No Popcorn”.

Un couple : “Pour l’histoire et puis vous aviez l’air sympatique. Mais certainement pas sur le titre du film. Nous ne le trouvons pas très accrocheur !”
Un jeune : “En le voyant sur le programme, par curiosité aussi”.

23h30. Fermeture. Je ne reverrai pas mes bobines. Loic les renverra à Nadine au “Vulcain” à Inzinzac où ma tournée bretonne a commencée. Retour au bar avec l’équipe de “Quai 56”. Bernard boit une bière au comptoir. Whisky Coca. Un gars complètement saoûl allume une cigarette. La patronne le met dehors. Des supporters de foot débitent des chansons franchouillardes. Perte de cerveau et besoin de dire “J’existe !!!!” le temps d’une soirée.

Minuit 45. “A bientôt, j’espère”. Retour à l’hôtel du coin. Je m’allonge tout habillé. Deux heures de sommeil avant de reprendre la route… “A question of time” (DM).

mercredi 20 mai 2009

Carnet de route n°13

No Popcorn on the floor - Rostrenen


10h30. Je remplis ma bouteille d’eau dans le lavabo de la salle de bain, boucle ma valise et descend les bobines de “No Popcorn” dans le coffre de la voiture. Aujourd’hui je change de département, direction les Côtes d’Armor. Souvenirs. J’ai été étudiant en informatique à Lannion au début des années 90. Je fréquentais alors un bar qui s’appelait “Le Chapelier”, je me demande s’il existe toujours… Je repasse par Vannes et Locminé.

13h30. Repas à Pontivy. Deux heures de terrasse couverte pour écrire et expédier des mails en retard. Il pleut sur la bâche. Un couple de jeunes s’embrassent langoureusement deux tables plus loin. Départementale 1. Route sinueuse et étroite. Les champs succèdent aux fermes qui succèdent aux champs. Odeur de lisier très forte qui me replonge 21 ans en arrière, je travaillais alors dans une ferme en Irlande pour perfectionner mon anglais. Mr and Mrs Mounsey. Co Tipperary.

16h30. Arrivée à Rostrenen. 4000 habitants. J’ai une chambre réservée à l’hôtel Henri IV, le seul hôtel ouvert. Une nouvelle fois, j’ai l’impression d’être le seul client. Chambre 104. Fenêtre ouverte, soleil entrant et rideau au vent. Petite sieste. Achat du Télégramme et de Ouest-France puis café au bar sur la place de l’église. Au comptoir plusieurs gars enquillent des bières. Bras tatoués. Une femme en terrasse m’observe. “Que veut-elle ? Que pense t-elle ?”. Un gars annonce qu’il repart faire les papates. Un autre commande un Ricard.

19h. Ciné Breizh. Bâtiment au look industriel. Pas de grande affiche de “No Popcorn”, problème de livraison sûrement. Je rencontre Arnaud, le directeur. Il me présente Malo (Marie-Laure), la projectionniste. Montage des bobines et visite guidée de la salle (très belle, refaite en 1997 avec des sièges rouges). Un journaliste nous prend en photo. Il connait les laboratoires Eclair pour avoir habité à Epinay sur Seine. Petite cours intérieure qu’il va falloir aménager un jour. Derrière le bâtiment, une maison sert de pièce de détente et de bureaux. Jus de fruit, clope, nous discutons avec Arnaud.

20h30. Ils sont une bonne dizaine à être curieux. Les rues du village sont vides. Arnaud est resté dans la salle pour regarder le film, une démarche profesionnelle que j’apprécie. Me voilà au “Coeur de Breizh”, une crèperie. Guirlande éclairée dans la cheminée. Patronne très gentille au regard un peu vide. Lessivée. Une famille de Japonais mange des crêpes. Inattendu.

Lumières dans la salle. Arnaud est emballé par le film. Nous discutons avec les spectateurs. Comparaisons entre l’Atalante et Ciné Breizh. Je parle de l’AFCAE (Association Française des Cinémas Art et Essai) qui attribue le label Art et Essai. Mon film n’est pas classé Art et essai. Incompréhension générale. Arnaud trouve cela scandaleux, moi aussi. Personne ne sait sur quels critères ils attribuent cette recommandation … Moi : “ Cela nous ramène au problème suivant, mon film n’étant pas recommandé par l’AFCAE, les cinémas ne le prennent pas car ils ne toucheront pas de subventions…”. Bernard est là, inamovible, il alimente le débat en me posant des questions.

23h50. Fin de la soirée, les derniers spectateurs s’en vont. Je sors les bobines du coffre, monte les escaliers puis m’efonce dans le lit. Décodage. Sur Canal + quelques images de Cannes et du tapis rouge. Ken Loach et Cantona avancent sous les flashes. Assez pour me dire que je préfère être dans ma chambre. Je n’aime ni Cannes ni le foot, alors les deux en même temps… 

mardi 19 mai 2009

Carnet de route n°12

No Popcorn on the floor - Questembert


11h. Mes journées commencent rarement à l’aube. A peine sorti de ma chambre, une femme au visage sévère me prend la clé et y entre aussi sec pour passer l’aspirateur. Dur. Je demande une facture à la réception. Le gars souffle. Pas fâché de quitter l’Etap hôtel. Nouveau petit café à Vannes face au port. Quelques mouettes volent au dessus de ma tête. J’aime beaucoup cette terrasse. J’aime moins cette famille de touristes qui vient s’attabler près de moi. Les gosses sont aussi insupportables que leur parents. “Tu vas prendre une autre claque si tu continues à pleurer”. Cohérence. J’essaye de faire abstraction.

13h. Pause campagnarde et sandwich accompagné de quelques gorgées d’eau. Je tue une mouche qui s’approche un peu trop de mon bout de pain. “Non mais ! C’est qui le plus fort ?” . 50km/h. Travelling de poids lourds. Tracteurs et bottes de foin. Un TGV me dépasse et je pense au Père Noël (Pierre Haury de son vrai nom). Dans les infos nationales, Cannes à largement eclipsé la grippe Mexicaine et le combat des Tamouls en Inde. Je roule sur un oiseau écrasé et emporte ce qu’il reste de son âme sur le pneu avant droit.

18h30. Questembert. 4000 âmes. Eglise en fond de toile et un jeune qui passe en scooter à fond la caisse. “Où va-t’il ?”. L’Iris me regarde. Deux salles. La soirée est annoncée par une affichette scotchée sur la porte vitrée. Personne. J’appelle Cindy, la directrice, qui vient m’ouvrir. Charmante demoiselle. Clope. Je donne les bobines à Franck, le projectionniste, et visite les cabines. Franck est aussi vidéaste amateur, il a aménagé un studio avec un bel éclairage dans la plus grande des salles. Interview. 


Quelques bénévoles arrivent. Je rencontre la présidente et la comptable de l’association. Elles me présentent un couple qui doit m’héberger mais je ne suis pas du tout au courant. “Désolé mais j’ai déja pris un hôtel”.. Une mère et son fils prennent leurs places à la caisse. Curieux, je m’approche et tends l’oreille car je sais qu’ils passent Millénium dans la grande salle. “Deux entrées pour No Popcorn”. Oufff. Un couple plus âgé entre.

Moi : “Bonsoir, vous allez voir quel film ?”
L’homme : “Je crois que ça s’appelle Millénium”
Moi : “Ah c’est dommage, il y a un joli documentaire à voir dans l’autre salle qui ne passe que ce soir !”
La femme : “Ah bon ? et ça parle de quoi ?”
Moi : “De la vie d’un cinéma de quartier, il y a un petit résumé là, sur le mur.”

Le couple lit le résumé puis se dirige vers la caisse. “Deux entrées pour Millénium s’il vous plait”. Silence. Bernard est à nouveau là, assidu et à l’affût de la moindre information qu’il aurait manqué sur les précédentes projections. “No Popcorn” addict. Autographe. Il parle beaucoup Bernard. De tout, de rien, du coq et de l’âne.

20h30. Début de la projection. 17 personnes dans la salle. Nous partons manger avec Cindy, la présidente et la comptable. Elles n’ont vu qu’une partie du film en Dvd. Passage devant des halles qui datent du 16ème siècle puis nous entrons dans une pizerria. Repas très agréable. La comptable travaille dans une comission de surendettement. Café-clope.

“Je fais toujours mon cinémaaaaaa, comme si on ne connaissait paaaaaas”. Musique de Rodolphe, générique de fin, spectateurs et bénévoles convaincus. Clap clap clap. Le film les renvoie à leur propre salle cinéma et à leurs difficultés. Beaucoup se reconnaissent dans le combat de Ramuntxo. J’entame le débat avec des chiffres. “480 heures de rushes, 450 000 euros de budget soit moins d’une demi-seconde de X-Men…. Un an et demi de tournage, un an et demi de montage et un an pour trouver un distributeur”. Nous parlons de la difficulté de  programmer les films et de leur vie en salle qui est de plus en plus courte.



Une spectatrice : “Je n’ai pas aimé Ramuntxo, il est trop élitiste dans sa programmation !”
Moi : “C’est un militant. Il a une position claire et surtout un idéal”
La Spectatrice : “ Oui mais Harry Potter par exemple, pourquoi en priver ses spectateurs ?”
Moi : “Harry Potter est un exemple. Il faut bien comprendre que la situation de l’Atalante n’a absolument rien à voir avec celle de l’Iris. Autour de l’Atalante il y avait 5 cinémas sur le BAB et 4 d’entre eux passaient déja Hary Potter. Pour Ramuntxo, avoir une cinquième copie sur la zone n’avait pas de sens. Il se battait pour la diversité et pour que les spectateurs aient le choix. De toute façon le public de l’Atalante n’attendait pas des films comme Harry Potter…”
La spectatrice : “Moi je trouve que c’est un comportement égoiste.”
Moi : “Je ne vois pas ce qu’il y a d’égoiste dans son combat. Il n’a jamais forcé personne à voir les films qu’il programmait. D’ailleurs s’il avait été égoiste, il se serait accroché à son cinéma et ne serait jamais parti pour préserver les emplois qu’il avait créé. Moi je le trouve très généreux.”

Dans le hall d’entrée, une table a été installée avec du cidre, du jus de pomme et des popcorns fait pour l’occasion par une bénévole. Les discussions se poursuivent. “Merci pour ce film et cette soirée”.

Minuit. Les lumières de l’Iris s’éteignent et chacun rentre chez lui. Mes bobines dorment déja dans le coffre. Moi, je suis à 68km de mon lit.