No Popcorn on the floor - Contis
3h du mat. Hôtel de Coëtquidan. Sonnerie horrible du réveil de mon téléphone portable. Dans le miroir de la salle de bain je vois un gars avec des cernes et des yeux rouges. Sur ses papiers officiels il y a écrit “cinéaste” mais dans la vie il est représentant de “No Popcorn on the floor”. Petite pancarte dans la douche : “S’il n’y a pas d’eau chaude, composez le 9 pour obtenir la réception”. Douche froide. En voiture.
3h du mat. Hôtel de Coëtquidan. Sonnerie horrible du réveil de mon téléphone portable. Dans le miroir de la salle de bain je vois un gars avec des cernes et des yeux rouges. Sur ses papiers officiels il y a écrit “cinéaste” mais dans la vie il est représentant de “No Popcorn on the floor”. Petite pancarte dans la douche : “S’il n’y a pas d’eau chaude, composez le 9 pour obtenir la réception”. Douche froide. En voiture.
4h30. Lorient. Ne pas oublier de refaire le plein. Hôtel Ibis, près de la gare. Réveil trois heures plus tard et petit déjeuner dans une cafétéria déserte. Même les croissants se sentent seuls. Je survole les journaux et embarque une pomme pour le voyage.
8h. Fin de la tournée Bretonne organisée par Matthieu Peron et “Ecrans 56”. Calcul rapide sur le compteur de la Twingo. 1348 km parcourus. Je dépose la voiture chez Europcar, achète un sandwich thon-crudités et m’engouffre dans le train Corail en direction de Bordeaux. Place 53 côté vitre. Je m’assoupis. Nuit morcelée, rêves morcelés.
14h20. Arrivée à Bordeaux. Plein soleil. Céline, ma chérie, est venue me chercher en voiture. Retrouvailles. Céline est prof d’anglais à Dax. Café en terrasse et clope. Nous nous balladons un peu dans les rues piétonnes. Je me sens bien. Glace au citron. Des mômes jouent à s’éclabousser le long de la Garonne. Nous traçons vers le sud en 206.
20h45. Contis-Plage. 80 habitants à l’année, 1200 l’été. Cinéma “Le Select”. Je suis déjà venu ici mais impossible de me rappeler quand et pourquoi. Nous retrouvons Ramuntxo et sa petite famille (Pascale, Yon et Lucas). Betty et Rainer tiennent le cinéma depuis 14 ans ils viennent du théâtre. Pas de salaires. Des bénévoles sont là. Rainer aggrafe l’affiche de No Popcorn sur celle de Millénium, le temps d’une soirée.
Une quinzaine d’entrées. “La séance commence”. Repas en terrasse devant le cinéma. Poulet, riz et lentilles. Betty me dit qu’elle n’aime pas la musique du film. Déca. Ils ont reçu deux copies du film. Embêtant, il va leur falloir payer deux retours… Fond musical “Pils”. Au fil de la discussion, nous apprenons qu’une projection est organisée mardi 26 mai par la Région Aquitaine pour tous les exploitants du coin. Le film va peut être finir par passer dans la Région qui l’a aidé à voir le jour !
Générique et applaudissements. Ramuntxo tousse, il explique que nous avons projeté le film au Mexique le mois dernier. C’est évidement faux mais il se fait plaisir. Je donne quelques chiffres sur le film puis Ramuntxo parle de son parcours.
Ramuntxo : “Au moment de mon départ de l’Atalante je suis resté plus d’un an sans travailler. L’emploi fictif de Ministre de la Culture était déjà pris.” Rires. “Aujourd’hui je suis journaliste”. Nous parlons de la culture et de ceux qui la consomment sans trop réflechir. Et la diversité dans tout ça ? Spectateurs attentifs qui nous demandent ce qu’est devenue l’Atalante. Ramuntxo embraye et passe la seconde. Il parle de la nouvelle directrice puis annonce que ce cinéma (le plus vieux du Sud-Ouest, ouvert en 1913) risque d’etre rasé sous peu… Silence. A priori, l’idée est de regrouper le lieu historique avec les deux salles de l’Autre Cinéma le long de l’Adour. Les spectateurs râlent. “Ce beau cinéma avec sa mosaïque, sa taverne et son plancher qui craque va disparaître au profit d’un nouvel endroit sans âme…”
Minuit passé. Derniers verres en terrasse. Millenium a repris sa place dans le cadre. Eternelle question de fin de soirée à laquelle nous n’avons jamais de réponse claire : “Programmeront-ils No Popcorn au Select ?”. Remerciements à Betty et Rainer pour leur accueil, ils sont vraiment charmants tous les deux. Bien crevés, nous rentrons sur Dax. Route déserte et tordue. Rainer : “Attention au cerfs qui traversent , ils sont toujours par deux.”






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