No Popcorn on the Floor - Clermont Ferrand
Dimanche, les rues de Paris sont un peu vides ce matin. Je bois un café en bas de chez moi chez “Gudule” puis je m’enfonce dans le métro. Ligne 2, ligne 1, terminus Gare de Lyon. C’est un train corail qui m’attend. Dans la voiture 14, pas grand monde, les gens sont calmes. Petit plateau télé avec mon sandwich au thon. Je regarde “Warlords” (Les seigneurs de la guerre), un film de Peter Ho Sun Chan. Ambiance samouraïs. Ils sont forts ces chinois, c’est dingue quand même !
Dimanche, les rues de Paris sont un peu vides ce matin. Je bois un café en bas de chez moi chez “Gudule” puis je m’enfonce dans le métro. Ligne 2, ligne 1, terminus Gare de Lyon. C’est un train corail qui m’attend. Dans la voiture 14, pas grand monde, les gens sont calmes. Petit plateau télé avec mon sandwich au thon. Je regarde “Warlords” (Les seigneurs de la guerre), un film de Peter Ho Sun Chan. Ambiance samouraïs. Ils sont forts ces chinois, c’est dingue quand même !
17h30. Passage brutal de Pékin à la gare SNCF de Clermont-Ferrand. Nora, la directrice du cinéma, est venue me chercher avec sa voiture. Le Rio, un coin de ciel bleu dans la zone nord de la ville. Devant le cinéma, une file indienne de spectateurs est déjà formée. Un peu partout des affiches de “No Popcorn” et cette petite mention que je connais désormais par coeur : “Projection en présence du réalisateur”. Les spectateurs arrivent avec du pain, un gâteau, une tarte, des chips, des boissons. Tout est prévu pour un petit casse-croute après la projection.
Le Rio a beaucoup de points communs avec l’Atalante de mon film. Une directrice dynamique, 1800 abonnés et un combat au quotidien pour continuer à exister. Il faut dire qu’ici tout le monde est concerné par l’histoire que je raconte dans “No Popcorn”. Le Rio est menacé car le propriétaire des murs, le comité d’entreprise Michelin, a décidé l’arrêt des subventions de fonctionnement qu’il octroyait à l’association. Il a aussi décidé de vendre cette belle salle. De plus, une vaste zone commerciale avec un multiplexe devrait s’implanter à quelques mètres d’ici, le tout en concertation avec la municipalité… Les raisons se s’inquiéter sont donc nombreuses. Nous y reviendrons pendant le débat, c’est sûr.
Présentation du film devant 74 spectateurs. Je me dis que 74 personnes sur 1800 c’est pas beaucoup. Apparement, ce long week-end de mai ne joue pas en notre faveur. Mais l’enthousiasme de l’équipe ne faiblit pas. Des tables sont installées à l’extérieur devant le cinéma. Deux ou trois bouts de scotch pour les habiller avec des nappes en papier, quelques assiettes que l’on garnit généreusement et des cubis de vin à chaque extrémité. J’écoute aux portes, les gens rient dans la salle. Une palette, des pavés et quelques bobines de bandes annonces entassées signalent que le sol s’est affaissé juste devant l’entrée du cinéma. Sur le haut du tas, j’apperçois “Sommeil amer”, très joli film iranien que j’avais découvert grâce à Ramuntxo. Le ciel se couvre mais c’est passager.
Générique de fin, nous entrons dans la salle sous des applaudissements nourris. Le débat commence. Je parle un peu du film mais très vite le débat se “politise”. Les gens ne prennent pas vraiment la parole pour me poser des questions mais pour donner leur point de vue et exprimer leurs inquiétudes. Quoi de plus légitime ? Où donne t’on aujourd’hui la parole au gens, si ce n’est dans ces cinémas indépendants ? Nora fait un point sur la situation. J’écoute attentivement. Tous sont en colère contre le comité d'entreprise de de Michelin. Une dame explique que beaucoup d’associations se retrouvent ici et qu’elles n’ont pas d’autres lieux où aller. “Ici 1/3 des films font l’objet d’une animation, ce sont des moments de rencontres conviviaux avec des realisateurs, des acteurs, des spécialistes, et dans tous les domaines, y compris celui de l’enfance !”. Impossible de voir disparaître un lieu d’expression citoyen ! Un spectateur peste contre les multiplexes. Un autre lui rétorque que c’est un faux problème. Le ton monte un peu. Le débat est passionné mais nous savons tous que personne dans la salle n’a de réponse quant à l’avenir du Rio. Tout cela se joue chez les politiques et les financiers… Ah s’ils pouvaient aller au cinéma ceux-là !
21h. Nous poursuivons les discussions dehors autour de la table. Une nouvelle projection commence, les spectateurs sont déjà beaucoup moins nombreux. Une tartine de fromage. Interview pour Radio Campus, pour radio Altitude et enfin pour le journal “La montagne”. Quelques gouttes commencent à tomber. Un des responsables du festival du court-métrage de Clermont-Ferrand fait de suite l’analogie avec la pluie du plein air dans mon film. La nuit est tombée sans que je m’en apperçoive et les cubis de vin semblent avoir pris une bonne claque.
23h. Les derniers irréductibles s’en vont. Retour à l’hôtel Première Classe. Ironie de l’histoire il y’a un film qui cartonne en ce moment. C’est “OSS 117, Rio ne répond plus”…je peux vous dire que c’est faux ! Rio est là , il répond toujours et j’espère qu’il répondra encore longtemps.






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