No Popcorn on the floor - St Julien en Genevois
11h. Paris. Le soleil frappe fort quand je sors de chez moi. Il blanchit les visages. Terrasse blindée pour un jus de fruit frais. Le serveur transpire à grosses gouttes. Une fille passe en vélib’, robe au vent, jolie. Plaisir des yeux…j’adore l’été à Paris. C’est déja moins gai dans le métro où nous sommes serrés comme des sardines. La chaleur est étouffante. 3h30 de TGV pour rejoindre la Suisse. Je regarde “JVCD” même si je ne suis pas un fan de Van Damme. Au final je trouve le film beau et puis j’aime beaucoup l’auto-dérision des Belges (je les connais un peu pour avoir habité à Bruxelles en 1996 et 97, je bossais à l’époque comme monteur sur des documentaires pour Arte).
11h. Paris. Le soleil frappe fort quand je sors de chez moi. Il blanchit les visages. Terrasse blindée pour un jus de fruit frais. Le serveur transpire à grosses gouttes. Une fille passe en vélib’, robe au vent, jolie. Plaisir des yeux…j’adore l’été à Paris. C’est déja moins gai dans le métro où nous sommes serrés comme des sardines. La chaleur est étouffante. 3h30 de TGV pour rejoindre la Suisse. Je regarde “JVCD” même si je ne suis pas un fan de Van Damme. Au final je trouve le film beau et puis j’aime beaucoup l’auto-dérision des Belges (je les connais un peu pour avoir habité à Bruxelles en 1996 et 97, je bossais à l’époque comme monteur sur des documentaires pour Arte).
16h35. Gare de Cornavin, Genève. Un panneau affiche 31°. J’ai eu la bonne idée de prendre ma veste en cuir, du coup je ne sais pas où la mettre… 16h49. Train régional en direction du terminus de l’aéroport. Un exemplaire gratuit de “20 minutes” traîne sur un siège. A la une : “Un réalisateur tourne des films X dans les trains du CCF”. Une non-information pour un non-journal. Normal. Avec tout ce qui se passe dans le monde… Didier, le directeur du cinéma qui m’accueille ce soir, me recupère à l’aéroport et nous faisons connaissance en voiture. Je lui parle de No Popcorn, il me parle de sa salle.
Arrivée à Saint-Julien en Genevois. Le village est niché entre les Alpes et le Jura. 11 000 habitants. Mairie socialiste très portée sur la culture. Une vraie chance et une exception car d’après ce que j’ai pu comprendre, la Haute-Savoie est plutôt à droite (voire très à droite).
17h30. Découverte du “Rouge et Noir”. Le cinéma flambant neuf est sur une petite place dans une zone commerciale, entre un fleuriste et un marchand de chaussures. Après des années de fermeture, il a réouvert il y a un an et demi grâce à l’effort de Didier et de son association. Il a aussi changé de nom (avant il s’appelait le “Savoy”). Comme beaucoup de cinémas, l’histoire est rocambolesque et digne d’une saga (ancienne propriétaire qui coule son propre cinéma, se marie avec le patron d’un multiplexe proche, lui donne un fils etc…).
Visite. Ma première impression est celle d’arriver dans le hall d’un hôtel. Le caissier qui est aussi le projectionniste présente très bien. Chemise blanche et souriant, c’est agréable. Dans la salle les fauteuils noirs sont posés sur une moquette rouge. Une cafétéria “Les 400 coups” est attenante avec un petit comptoir et de la documentation. Il y a aussi une deuxième salle de projection à l’étage mais elle nécessite beaucoup de travaux. “Nous allons monter un dossier”.
Visite. Ma première impression est celle d’arriver dans le hall d’un hôtel. Le caissier qui est aussi le projectionniste présente très bien. Chemise blanche et souriant, c’est agréable. Dans la salle les fauteuils noirs sont posés sur une moquette rouge. Une cafétéria “Les 400 coups” est attenante avec un petit comptoir et de la documentation. Il y a aussi une deuxième salle de projection à l’étage mais elle nécessite beaucoup de travaux. “Nous allons monter un dossier”.18h30. Didier et sa femme veulent me montrer le multiplexe Gaumont qui est installé à 3km du centre-ville. Bloc de béton très laid qui défigure la montagne derrière lui. 11 salles sur un site industriel prévu à l’origine pour accueillir des entreprises suisses qui ne sont jamais venues… D’ici on apperçoit le jet d’eau du Lac Léman, 140 mètres de haut.
19h. Les cloches sonnent. Hôtel le “Soli” à deux pas du cinéma, derrière l’église. Chambre 17. Dessus de lit à fleur, baie vitrée, balcon et cendrier en forme de bol vert. Douche. Ah ça va mieux ! Nous dînons au restaurant “Le Savoie” en terrasse ombragée. Serveur nerveux. Salade montagnarde. Pas très original hein? Didier est un passionné, un vrai cinéphile. Rien ne le prédestinait à devenir directeur de cinéma car il était architecte. Il connait Rouch, Depardon, Vautier et j’en passe. Je suis le 4ème réalisateur qu’ils accueillent.
21h. Rituel de la photo du projectionniste. 32 entrées payantes. Je m’avance pour aller dans la salle.
“Vous avez un ticket Monsieur ?”
“Non”
“Je ne peux pas vous laisser passer alors…”
“Ah ? Je ne peux pas aller présenter mon film au public ?”
Sourires. Les présentations sont faites avec le gars qui déchire les tickets. Présentation du film devant les spectateurs puis je rentre me poser un peu à l’hôtel pendant la projection. Ecriture du blog.
22h40. Lumières dans la salle. Les spectateurs mettent toujours un peu de temps pour sortir du film. Les échanges commencent d’emblée sur des comparaisons entre l’Atalante et le Rouge et Noir. “105 000 entrée à l’Atalante pour un seul écran ? C’est énorme !” “Oui” “Nous, nous sommes à 24 000 entrées mais la ville est beaucoup plus petite et le contexte différent. De plus c’est tout récent pour nous”. 30 bénévoles permettent au cinéma d’exister.
Nous abordons aussi le problème de la population vieillissante dans les salles dites “indépendantes”. Comment faire pour attirer les jeunes et les ados ??? Eternelle question sans réponse. Quelques mots sur l’Art et Essai (le cinéma n’est classé Art et Essai que depuis une semaine ici). Les discussions se poursuivent à la cafét’ avec deux gars qui reviennent du Quebec où ils ont suivi une formation en court-metrage. Jus de mangue.
Nous abordons aussi le problème de la population vieillissante dans les salles dites “indépendantes”. Comment faire pour attirer les jeunes et les ados ??? Eternelle question sans réponse. Quelques mots sur l’Art et Essai (le cinéma n’est classé Art et Essai que depuis une semaine ici). Les discussions se poursuivent à la cafét’ avec deux gars qui reviennent du Quebec où ils ont suivi une formation en court-metrage. Jus de mangue.
1h du matin. Retour à ma chambre. La ville est déserte. Tv écran plat plaquée contre le mur. Aucune envie de l’allumer, je m’allonge pour lire les journaux du coin mais j’ai du mal à me concentrer. Sur le parking dehors une bande de jeunes est attroupée autour d”une voiture. Coffre ouvert, musique et biéres. Les fleurs de mon dessus de lit me contraignent à fermer les yeux.







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