No Popcorn on the floor - Rostrenen
Paris. 14h05. Voie numéro 3. Après mon break américain, je retrouve la gare Montparnasse. Affluence de fin d’été. Les vacanciers tirent la tronche et chacun essaie de se frayer un chemin avec ses valises. Certaines mères de famille sont à deux doigts de la crise de nerfs et tentent de canaliser l’énergie débordante de leurs mômes. “C’est bien le TGV pour Brest ?”. Les contrôleurs ne savent plus où donner de la tête. Place 66. Mes voisins de siège sont calmes. Un jeune black, l’air blazé, écoute de la musique sur son ipod. En face de moi, un gars, la cinquantaine bien tassée, dévore l’Equipe. Deux heures pour rejoindre Rennes puis changement pour un TER. J’ouvre mon mac pour regarder le dvd de “Tropa De Elite” qui traite du Bope à Rio, film brésilien sous-titré en anglais. Un vrai carnage dans les favelas et une histoire qui tient bien la route.
Paris. 14h05. Voie numéro 3. Après mon break américain, je retrouve la gare Montparnasse. Affluence de fin d’été. Les vacanciers tirent la tronche et chacun essaie de se frayer un chemin avec ses valises. Certaines mères de famille sont à deux doigts de la crise de nerfs et tentent de canaliser l’énergie débordante de leurs mômes. “C’est bien le TGV pour Brest ?”. Les contrôleurs ne savent plus où donner de la tête. Place 66. Mes voisins de siège sont calmes. Un jeune black, l’air blazé, écoute de la musique sur son ipod. En face de moi, un gars, la cinquantaine bien tassée, dévore l’Equipe. Deux heures pour rejoindre Rennes puis changement pour un TER. J’ouvre mon mac pour regarder le dvd de “Tropa De Elite” qui traite du Bope à Rio, film brésilien sous-titré en anglais. Un vrai carnage dans les favelas et une histoire qui tient bien la route.
17h28. Arrivée à la gare de Saint-Brieuc dans les Côtes d’Armor. Arnaud, le directeur du Ciné Breizh de Rostrenen, doit venir me récupérer en voiture. Je m’attable à un café devant la gare. Petit vent frisquet et chair de poule. Nous nous retrouvons avec Arnaud que je connais un peu. Il avait déjà projeté mon film avant les vacances en Avril. Une petite heure à rouler. Des pneus empilés et enveloppés dans des bâches noires jonchent le bord des routes. Les inscriptions à la peinture bien visibles nous rapellent que les producteurs de lait sont toujours en colère, et on les comprend. Arrivée à Rostrenen, Arnaud me dépose à l’Hotêl Henri IV. Retrouvailles avec Ramuntxo qui est en vacances avec sa petite famille à Quiberon et qui nous a rejoint pour la soirée.
Découverte du village Fisel. Des buvettes, un radio locale et plusieurs espaces pour les concerts et les danses Bretonnes. Ambiance fête de l’huma celte, à moindre échelle bien sûr, où les crêpes remplacent les merguez. Très sympathique.20h15. Ciné Breiz. Clope. Nous attendons les spectateurs à la caisse, finalement ils ne seront que 4. Petite déception : “ Il fait beau, de plus les gens sont tous au village du festival”. Quelques bénévoles sont là, ainsi que les parents d’Arnaud. Présentation rapide du film en salle puis nous redescendons les rues du village, direction “l’Eventail des Saveurs”, un joli restaurant à la cuisine délicate.
22h20. Retour au cinéma à la bourre, nous n’avons pas vu le temps passer. En remontant la rue, nous appercevons un jeune couple de spectateurs en voiture qui repart. Plus personne dans la salle pour le débat… Bon ben… Reste un jeune, un gars d’Aix, qui est venu pour le festival et qui campe dans le coin. Je ne sais pas trop s’il a aimé le film ou pas. Visage assez impassible. Discussions improvisées dans le hall d’entrée et annecdotes. On parle aussi du “Tabarly”. Il faut vraiment que je vois ce documentaire !Minuit. Nous quittons Arnaud qui rentre chez lui, à 110km de Rostrenen. Il est fou ce garçon ! Nous nous rapprochons du village du festival, la musique bretonne résonne dans la nuit. Ambiance Fest Noz. Ca me rappelle l’époque où j’écoutais encore Ar Re Yaouank… .Quelques jeunes flingues des bières à l’arrière de leur voiture. Le long des bâches vertes tendues qui encerclent le village, deux gars se battent. Un anglais et un Français. “Mother Fucker, son of a bitch !” Réplique immédiate : “Viens que je te casse la gueule !” Une droite, une gauche. Brassards oranges fluos, la sécurité les séparent. Angletterre 1-France 0.
Il fait 12 degrés et je me demande bien comment fait Ramuntxo pour rester en chemisette et en manches courtes. Un verrre de chouchen, un deuxieme, puis un troisième… Nous déambulons avant de trouver un endroit bien chaleureux : le comptoir du stand de crêpes. Ce sont les femmes qui mènent la danse. Quelques uns ont déjà pas mal picolé et les commandes s’enchainent. “Une complète et une jambon fromage, s’il-te-plait Marie-Thérèse”. “Jeanine, tu peux me faire une sucre s’il te plait ?”. Coups de biniou. “Il me faudrait de la pâte là !”.
La radio bretonne qui emet en direct dans le village s’appelle “RKB”. Nous nous rapprochons du haut-parleur installé à l’extérieur. Derrière la vitre, un gars cause gavotte, fisel et traditions. Il a une couronne royale façon “Richard Coeur de Lion” sur la tête. Normal… et puis il y a cette pancarte suspendue sous une tente : "Pourquoi le Breton est-il têtu ?". Si vous avez un début de réponse, n'hésitez pas à m'envoyer un mail.
3h du matin, c’est l’heure de rentrer. Ramuntxo récupère un ethylotest sous la tente de la billetterie : “Attendre 2 à 15 minutes pour voir le résultat”. C’est vague… Une jeune fille lui explique le fonctionnement : “Bon, ca va devenir vert et là il y a un trait : si la couleur verte dépasse le trait, c’est que c’est mort !!!”. Ramuntxo souffle dedans : “Ok, merci, je verrai ça chez moi !”. Rires. Un dernier coup d’oeil au test d’alcoolémie dans le couloir de l’hôtel Henri IV : Bizarre cette couleur marron non ?






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