No Popcorn on the floor - Gourin
11h30. Réveil tranquille au son de l’aspirateur de la femme de ménage. Le ciel est gris, le ciel est bleu. Achat des journaux locaux au centre-ville, puis je mange à l’hôtel. Médaillons de veau et petits légumes. Mmmmmm. Dans un des salons, une grande tablée fête l’anniversaire d’un mort… Café en terrasse, j’écris le carnet de route de la veille.
11h30. Réveil tranquille au son de l’aspirateur de la femme de ménage. Le ciel est gris, le ciel est bleu. Achat des journaux locaux au centre-ville, puis je mange à l’hôtel. Médaillons de veau et petits légumes. Mmmmmm. Dans un des salons, une grande tablée fête l’anniversaire d’un mort… Café en terrasse, j’écris le carnet de route de la veille.
15h. Arnaud et son père arrivent à l’hôtel avec deux voitures. Ils ont très gentillement proposé de m’en laisser une, le temps de mes déplacements dans le coin. J’avoue que c’est beaucoup plus simple. C’est une diesel, je cale deux fois! Plus l’habitude de l’embrayage après avoir conduit des automatiques tout l’été aux Etats-Unis. Le père d’Arnaud qui est à mes côtés doit se dire “Ohhh !!! mais il ne sait pas conduire celui-là…”. J’embarque la lourde bobine 35mm de “No Popcorn” dans le coffre devant le Ciné-Breiz.
17h. Rostrenen. Le festival Fisel suit son cours. Je suis convié à une “Causerie” par la radio RKB sur le thème de l’engagement associatif. Nous sommes 6 autour de la table pour débattre au Café Bon Barde.
18h30. Je prend la route, direction Gourin. Je connais le village pour y être passé avant les grandes vacances. Je pose mes bagages à l’hôtel-restaurant “Le Casse noisette”. Les proprios, d’anciens parisiens, sont très sympas. Un verre au "Jo Bar" dans le centre. Un soldat en pierre du monument aux morts de la guerre 14/18 me regarde.
20h20. Cinéma Jeanne d’Arc. Retrouvailles avec Matthieu Péron. Aux dernières nouvelles, le cinéma est toujours sous patronnage mais le curé a été muté à Saint-Raphaël. Le projectioniste monte la bobine. Un petit gars de 14 ans arrive. Julien est bénévole ici depuis un an, il s’occupe de la vente des confiseries. Photo avec Matthieu et Julien pour le correspondant local du journal Ouest-France. Dans le cinéma le marketing du film “La-Haut” de Pixar est omniprésent. L’affiche de mon film est à côté de celle d’Harry Potter, un vieux pote maintenant.
21 h. Nous guettons les spectateurs. Matthieu craint qu’ils soient encore moins nombreux que la fois dernière. 5 entrées : un couple, la cinquantaine, et trois jeunes de moins de 20 ans. Petit speech habituel dans la salle. Deux femmes arrivent 1à minutes plus tard. 7 entrées. Bon ben… ça pourrait être pire non ? Nous partons dîner à la crêperie du coin. “Gourin est en train de crever, les commerces ferment les uns après les autres…regarde c’est le vide…”.
22h35. Fin du film. Nous entrons dans la salle pendant le générique. Les deux femmes sont en train de partir, Matthieu les rattrape in-extremis.
Matthieu : “Vous devriez rester, le réalisateur est là pour parler du film”.
Les femmes : “Qui ça ?”
Matthieu : “La personne qui a fait le film…”
Une des femmes : “Ben c’est bizarre votre film…”
Moi : “Bizarre ?”
La femme : “Oui c’est bizarre. Moi j’aime les bons films ! Et là….”
Moi : “Et c’est quoi un bon film pour vous ?”
La femme : “Un film où il y a de l’action !”
Moi : “Ah, évidement … un peu comme Gi-Joe ? Donc vous n’avez pas aimé ? ”
Le femme : “ Pas trop”
L’autre femme : “Pour moi c’est comme un film d’embauche”
Moi : “Pardon ?”
Elle m’explique ce qu’elle entend par film d’embauche mais je ne capte rien. Je lui redemande plusieurs fois des explications. Impossible de comprendre quoi que ce soit … Phrases sans verbe, sans sujet parfois. Cela restera un mystère… Le couple quant à lui pose des questions plus sensées. Les jeunes au premier rang ricanent. Pourquoi ? Aucune idée. L’adolescence peut-être.
Dernier verre de cidre dans le hall d’entrée. Ce soir Julien n’aura vendu aucune friandises. Tout compte fait, elles n’étaient pas bien méchantes ces femmes. Elles n’étaient juste pas “finies”. Dédicace sur mon affiche au marqueur noir. Tout comme la fois dernière, je repars avec une bouteille de cidre et un paquet de crêpes fraîches . L’hospitalité à Gourin ne faillit jamais et ça, c’est la classe !
23h40. Bobine rembobinée et embarquée, je rentre au “Casse-Noisette”. J’en profite pour déposer Julien devant la grille de l’hôtel. Il habite à deux pas. Sur le trottoir, il se retourne une dernière fois et tel César, lève le menton et le pouce : “Il était vraiment bien votre film !”.
Minuit. Pas envie de dormir. Douche. Un chat passe sur la goutière au loin. Clope sur le petit balcon de ma chambre. Que me reste-t-il en stock ? “Les Brigades du Tigre”. Un film divertissant. La Triple-entente, Jaurès et l’Humanité, la guerre enfin… Le premier volet de notre histoire d’amour avec l’Allemagne commence. “Nuit et Brouillard”.







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