No Popcorn on the floor - Carhaix
9h30. Rostrenen. Le jour passe à travers les rideaux de ma chambre. Allez debout, il fait soleil dehors! Mon dimanche a été relativement calme, j’ai assisté au concours de danses traditionnelles Bretonnes et à la clôture du festival “Fisel”. Café et croissant. Il fait un peu frais mais je squatte encore la terrasse en bas de l’hôtel avec mon ordinateur portable. Clope. Au centre-bourg, la fête est finie. On enlève les barrières et les banderoles, le vide reprend sa place et le vent porte un grand silence.
9h30. Rostrenen. Le jour passe à travers les rideaux de ma chambre. Allez debout, il fait soleil dehors! Mon dimanche a été relativement calme, j’ai assisté au concours de danses traditionnelles Bretonnes et à la clôture du festival “Fisel”. Café et croissant. Il fait un peu frais mais je squatte encore la terrasse en bas de l’hôtel avec mon ordinateur portable. Clope. Au centre-bourg, la fête est finie. On enlève les barrières et les banderoles, le vide reprend sa place et le vent porte un grand silence.
12h15. Contact. Direction Carhaix dans le Finistère. 89km/h. Coup d’oeil à droite. Radar automatique. Bottes de foin. Il y a pas mal de tracteurs dans le coin. Carhaix est un joli village que je connais de nom avec le Festival des Vieilles Charrues. Les rues piétonnes sont désertes, tous les magasins sont fermés entre midi et deux. Je m’installe à la terrasse d’un restaurant. “Vous avez une carte ?”. “Non Monsieur, désolé, nous réouvrons juste aujourd’hui.” Confit de porc et pommes de terre pour tout le monde. Derrière moi, une jeune femme et un gars en costume trois pièces discutent boulot. Ils bossent au Crédit Agricole. “Nous devons communiquer plus et tout le monde doit connaître les dossiers. Comme ça, si je ne suis pas là, il n’y a pas de problème.” Le repas n’est pas top, pas de dessert. Détour par la presse, un article dans le “Télégramme” et une demi-page dans “Ouest-France” parle de No Popcorn. Si avec ça il n’y a personne à la projection ce soir !
15h30. A la recherche du “Grand Bleu”. Je tourne un peu en voiture avant de le trouver car il est en retrait du village, dans une sorte de zone industrielle. Accolé à un très grand centre culturel, j’ai l’impression de découvrir un multiplexe. Ce n’est pas le cas puisque c’est une salle unique. Pensée rapide pour Jean-Marc Barr, mon voisin à Paris.
16h20. Rien à faire ici. Retour sur Rostrenen, je m’accorde une petite sieste. Je fais quelques recherches sur le Gabon ou je compte bien partir filmer d’ici peu. J’ai pour projet de filmer la vie d’un commissariat là-bas. Petit hic : je n’ai ni producteur, ni caméra, ni assedics... Je vais donc une nouvelle fois tout faire seul et partir en repérage. Dans mes mails, j’ai aussi reçu l’accréditation pour le festival du film grolandais de Quend qui a lieu du 18 au 20 septembre. No Popcorn sera en “Compette” comme ils disent…
19h45. Je repars sur Carhaix pour la soirée, bobine dans le coffre. Classique. Je suis accueilli par quelques bénévoles. La caissière revient de la plage avec sa fille. Quelques spectateurs arrivent. Une partie est venue voir “The Reader” mais il a été déprogrammé et remplacé par “No Popcorn”. Les spectateurs hésitent. Je suis obligé de trouver les bons mots pour les convaincre d’aller voir mon film… 10 entrées payantes. Pas si mal pour un film sorti en salles iI y a 4 mois déja, mais jamais suffisant.
20h45. Petit mot dans la salle et lancement de la séance. Un traiteur livre nos repas. Nous mangeons à quatre dans la salle de réunion du Grand Bleu, à l’étage. Ambiance décontractée et très sympa. Je suis toujours très bien accueilli en Bretagne. La présidente de l’association nous rejoint pour le dessert. Certains ont vu la fin du film et trouve dommage d’être si peu nombreux. Sur les 50 bénévoles qui font vivre le “Grand Bleu”, ils sont 6 tout au plus. Décevant. Ceux-là même qui font exister les salles ne viennent même pas voir un film qui parle d’eux. Thierry, le seul salarié du cinéma dont on m’avait donné les coordonnées, n’a pas daigné se déplacer non plus.
22h20. Fin de la projection. Les lumières s’allument après le générique et les spectateurs ont le sourire. Applaudissements. Avant même que le débat ne commence, je sais qu’ils ont passé un bon moment. La machine n’est pas rouillée et j’enchaîne les explications, les annecdotes.
23h15. Devant le cinéma. Discussions rapides avec un couple de parisiens en vacances dans le coin. Retour en voiture sur Rostrenen pour une dernière nuit chez Henri IV. “Nuit et Brouillard” d’Alain Resnais . Je n’avais pas vu ce chef-d’oeuvre depuis mes études à Bayonne, il y a 15 ans. Un film qui vous électrocute ou vous paralyse, au choix. Des images qui se rangent dans une des cases de votre mémoire pour ne plus jamais en sortir. Extinction des projecteurs. Un chien aboie.







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