No Popcorn on the floor – Ouistreham
14h10. Paris. Métro 2 puis ligne 13. La gare Saint-Lazare ressemble à Ground Zero, le trou et les victimes en moins. 8 ans déja ! C’est un immense chantier jonché de barrières de sécurité et de tas de gravas. Dans ce labyrinthe de cloisons en plâtre, les voyageurs tirent leurs valises machinalement. Le nez en l’air, parfois essouflés, à la recherche d’un indice ou d’un panneau d’information. Jeu de piste grandeur nature pour des gens qui n’ont pas envie de jouer. “Ah ! En voilà un justement de panneau !” Je suis dans la “Salle des pas perdus”… Etrange nom de baptême. “Salle des Temps Modernes” aurait certainement été plus appropriée. Homme ? Machine ? Homme ? Machine ? Les voyageurs disciplinés sont en file indienne face à leurs bourreaux, les bornes jaunes de la SNCF. “Avaler la carte bleue, analyser les données, débiter le compte en banque, délivrer les billets.” Attendre que la file d’attente se résorbe et prendre son mal en patience. “Nous sommes désolés mais cette machine ne délivre plus de reçu”. Puis, quand c’est votre tour, allez vite, toujours plus vite. Sentir le poids du regard de la personne qui piétine derrière vous. Une tonne au bas mot.
14h45. La voiture 13 est tout au bout du quai. (A propos du chiffre 13 je vous conseille de voir “Number 13” le premier film d’Hitchcock, un petit bijou). Je pose mon sac à dos puis redescend du wagon pour me fumer une clope. Un petit vieux, tire aussi sur la sienne. Cheveux blanc parfaitement peignés et laqués, veston tiré à quatre épingles, pantalon écossais, il porte assez bien ses soixante-dix ans.
La police patrouille. Quatre hommes et une femme s’avancent vers nous. Ils n’ont pas l’air commodes ceux-là. Uniformes bien repassés, rangers cirées, attirail repressif bien en évidence accroché au ceinturon. Un des gars nous appostrophe sans même avoir la politesse de nous dire “bonjour” avant : “Messieurs, il est interdit de fumer sur les quais !”. Silence.
Nous nous regardons avec le petit vieux. Je tire deux ou trois fois sur ma clope avec l’intention de la jeter dans la foulée. Le flic, plus aggressif : “Quand on vous dit qu’il est interdit de fumer vous devez jeter vos cigarettes de suite!”. Le petit vieux réplique : “Mais nous sommes à l’air libre ici, le quai n’est pas couvert !”. La femme : “ Vous jetez vos cigarettes Messieurs !”. Le visage de l’autorité devient subitement celui la bêtise. Nous nous exécutons, histoire de ne pas être emmerdés pour un motif aussi futile. La patrouille passe son chemin… Le petit vieux me regarde et me lance, désespéré : “Heureusement que je n’en ai plus pour longtemps à vivre…”. Sourires. Au final je crois que je ressens de la pitié pour ces policiers qui considèrent leurs uniformes comme des costumes de justiciers (Il y a déjà Superman, Batman, Spiderman et compagnie pour ça, non ?).
La police patrouille. Quatre hommes et une femme s’avancent vers nous. Ils n’ont pas l’air commodes ceux-là. Uniformes bien repassés, rangers cirées, attirail repressif bien en évidence accroché au ceinturon. Un des gars nous appostrophe sans même avoir la politesse de nous dire “bonjour” avant : “Messieurs, il est interdit de fumer sur les quais !”. Silence.
Nous nous regardons avec le petit vieux. Je tire deux ou trois fois sur ma clope avec l’intention de la jeter dans la foulée. Le flic, plus aggressif : “Quand on vous dit qu’il est interdit de fumer vous devez jeter vos cigarettes de suite!”. Le petit vieux réplique : “Mais nous sommes à l’air libre ici, le quai n’est pas couvert !”. La femme : “ Vous jetez vos cigarettes Messieurs !”. Le visage de l’autorité devient subitement celui la bêtise. Nous nous exécutons, histoire de ne pas être emmerdés pour un motif aussi futile. La patrouille passe son chemin… Le petit vieux me regarde et me lance, désespéré : “Heureusement que je n’en ai plus pour longtemps à vivre…”. Sourires. Au final je crois que je ressens de la pitié pour ces policiers qui considèrent leurs uniformes comme des costumes de justiciers (Il y a déjà Superman, Batman, Spiderman et compagnie pour ça, non ?).
15h10. Mon train trace sur Cherbourg mais je m’arrête à Caen. Dvd de “Pale Rider” avec Clint Eastwood, un western des années 70. Certaines scènes m’ont bien fait rigoler. Celle du chien, par exemple, qui se fait tuer lors de la mise à sac d’un petit village au début du film. Quand la jeune fille le ramasse inanimé, il faudrait être aveugle pour ne pas voir que c’ est une peluche.
16h57. Gare de Caen. Bienvenue en Basse Normandie. Je suis réceptionné par Astrid, une bénévole de l’association du cinéma “Le Cabieu”. AX blanche, direction Ouistreham, sur la côte. Astrid a longtemps vécu en région parisienne mais elle s’est installée ici il y a un peu plus d’un an. Pourquoi ? Une qualité de vie indéniable.
Ce soir mon hôtel n’en est pas un, je suis logé dans un centre de thalassothérapie. Adorable attention. J’ai le droit d’utiliser toutes les installations et ils m’ont prévu un massage à l’huile de parafine demain matin. Chambre 18 avec vue sur les dunes et la plage. N’étant pas un habitué de ce genre d’endroit, ça fait quand même bizarre de voir les gens se balader avec leurs peignoirs blancs.
Ce soir mon hôtel n’en est pas un, je suis logé dans un centre de thalassothérapie. Adorable attention. J’ai le droit d’utiliser toutes les installations et ils m’ont prévu un massage à l’huile de parafine demain matin. Chambre 18 avec vue sur les dunes et la plage. N’étant pas un habitué de ce genre d’endroit, ça fait quand même bizarre de voir les gens se balader avec leurs peignoirs blancs.
19h15. Clope. Alexandre, le président de l’association, me récupère en voiture devant la thalasso. Il est accompagné de sa femme Catherine qui s’occupe de la partie expo dans le cinéma. Tous deux sont bénévoles. Repas aux “Cabines”, un très joli restaurant. Nous faisons connaissance. Je parle un peu de No Popcorn, de mon parcours. Alexandre, très sympa, est un bon vivant.
Catherine me parle de l’expo actuelle sur Jean Pierre Trévor, un décorateur de cinéma au palmarès impressionnant. En autres, il a réalisé Gotham City, la ville de “Batman”. Tim Burton lui avait donné 3 jours pour peindre une toile de 35m de long. Gros challene, énorme talent. Je suis repu. Y’a pas à dire, les Normands savent recevoir !
Catherine me parle de l’expo actuelle sur Jean Pierre Trévor, un décorateur de cinéma au palmarès impressionnant. En autres, il a réalisé Gotham City, la ville de “Batman”. Tim Burton lui avait donné 3 jours pour peindre une toile de 35m de long. Gros challene, énorme talent. Je suis repu. Y’a pas à dire, les Normands savent recevoir !
20h40. “Le Cabieu” est unique en son genre. Identité normande affirmée dans l’architecture et surtout une belle histoire. La salle existe depuis plus de 200 ans et elle a longtemps accueilli des matchs des boxes. Le cinéma n’a été crée que dans les années 80. Je remarque qu’ils n’ont pas l’affiche de mon film. Malgré une demande en bonne et due forme au distributeur, ce dernier ne l’a pas envoyé … no comment.
Alexandre me fait une visite rapide du cinéma. C’est immense. Salle de 352 places avec un grand balcon, écran géant derrière un beau rideau rouge, salle de réunion, bureau administratif, salle d’exposition, petite cuisine qui sert aussi de débarras… Les spectateurs sont déjà installés. 17 entrées payantes. Alexandre est décu. “ Nous sommes 50 benevoles et beaucoup ne sont pas là…”. On me présente Arlette, la "Madame Friandises" du Cabieu. Fidèle parmi les fidèles, ce soir elle aura vendu pour 3 euros de bonbons. Le projectionniste lance le film.
22h35. Fin du film et débat. Les gens semblent contents. On me propose un micro que je refuse gentillement. Je n’aime pas les micros, ils ont cette faculté d'accroître exponentiellement la distance qui me sépare des spectateurs. Que sont devenus les protagonnistes du film ? Pourquoi un titre en anglais ? Je suis rôdé à l’exercice et raconte quelques anecdotes, du “off” comme on dit de nos jours.
23h25. Certains spectateurs ont été invités à visiter la cabine de projection. J’espère ainsi qu'ils s’attacheront un peu plus à leur cinéma. Nous nous retrouvons autour d’un verre dans la salle d’exposition sous le regard de l’Homme Chauve-Souris. Je parle de mon film avec un gars qui débarque tout droit du Havre. Ce soir, il est entré au Cabieu par pure curiosité. Il y a aussi quelques bénévoles de l'association d'un cinéma d’une commune voisine.
Alexandre me parle de Bernard Menez car ils l’ont accueilli la semaine dernière avec la projection de “Chaud Lapin”. Dédicace. Astrid me dit qu’elle a découvert un homme subtile, à l’esprit vif et à la répartie précise. Bien loin de l’image que nous avons tous du “chanteur” de “Jolie Poupée”. Tant bien que mal, clic clac, petite photo avec l’équipe du cinéma. La carte mémoire de l’appareil est pleine et un spectateur explique à Alexandre comment faire de la place.
Alexandre me parle de Bernard Menez car ils l’ont accueilli la semaine dernière avec la projection de “Chaud Lapin”. Dédicace. Astrid me dit qu’elle a découvert un homme subtile, à l’esprit vif et à la répartie précise. Bien loin de l’image que nous avons tous du “chanteur” de “Jolie Poupée”. Tant bien que mal, clic clac, petite photo avec l’équipe du cinéma. La carte mémoire de l’appareil est pleine et un spectateur explique à Alexandre comment faire de la place.
Petite devinette de fin de soirée. Quel métier fait réellement Alexandre (ici à gauche sur l'image) ? On imagine quelque chose en rapport avec l’art, la culture, non ? Pas du tout. Vous êtes bien accrochés ? Il est gendarme ! C’est le chef du groupe PJ du coin. Avec ses collègues, il couvre une dizaine de communes et assure la sécurité d’environ 35 000 habitants. C’est quand même rare et incongru ça ! Un gendarme qui tient un cinéma ! Chapeau-bas.
Minuit. Retour à la Thalasso. Merci chaleureux à cette équipe que je compte bien revoir un jour (pour mon prochain film peut être ?). J’allume la télé que je regarde rarement (pour info, j’ai jeté la mienne voici deux semaines). Débat de société sur France 2. Enfin, “débat” c’est vite dit, c’est surtout de la promo… Un conspirationniste vend son torchon. Il soutient que les attentats du 11 septembre sont un coup monté par le gouvernement Américain... Ma télé est bien dans sa poubelle, c’est là qu’est sa place non ?














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