vendredi 18 septembre 2009

Carnet de route n°29

No Popcorn on the floor - Quend


14h30. Valise posée sur le trottoir, j’attends un taxi G7. Direction Porte de la Chapelle, le lieu de rendez-vous donné aux invités du Festival du Film Grolandais.Embouteillages monstres. Une demi-heure pour faire 3 bornes, le taxi n’était visiblement pas une bonne idée. 19 euros…si c’est pas du foutage de gueule ça ! Deux bus picards sont garés, tant bien que mal, en double file. Un gars de la RATP vient les sermoner. Derrière leurs volants, les parisiens s’énervent et klaxonnent. “Il y a la queue jusqu’au périph là !”. 





Visiblement je suis le premier à arriver. Je suis accueilli par Jérôme et Marion qui me remettent une envellope avec le nécessaire du parfait festivalier (badge, feuille de route, lieu d’hébergement, catalogue, bracelet etc..). Je rencontre Diane, une jeune femme qui est photographe pour le magazine “Causette” (elle est de Bayonne) et des gars de Cinébus (association de cinéma itinérant en Haute-Savoie). Petit café en terrasse. Les invités sont nombreux à se masser autour des bus. J’apperçois le président Grolandais, Christophe Salengro. "Salut, comment va depuis le temps ?" . Je le connais un peu, mais sans plus. Souvenirs. J’avais filmé son mariage avec Gus à Montmartre il y a longtemps. En 2006 j’étais aussi parti le chercher à la gare de Dax en voiture pour le ramener sur Bayonne lors d’une soirée à l’Atalante. Danse.


16h30. Après une longue attente, nous partons enfin. Je suis sur la même rangée que le Président. Un gars s’installe près de moi. Il s’appelle Luc. Je ne le connais pas mais il fait  dans l’équipe grolandaise. Lecture du Libé et de Siné Hebdo. Rencontre avec Karine aussi, que je connaissais pas mais qui joue dans les sketchs du Groland sur Canal. Le trajet en bus est long. Trois heures sans pause, sans clope et sans pouvoir étirer un peu mes guiboles.


19h20. Arrivée au Camping de la Dune Fleurie. C’est ici que je vais loger. Je dépose mes bagages dans un petit chalet “Le Camélia”. J'ai plus de chance que certains invités qui sont logés en hébergement collectif  avec des voisins chambrée imposés. Je suis et je resterai associable sur ce genre de truc toute ma vie je pense...Habillage de “Bus Force One” pour l’ouverture du festival. Les Américains n’ont qu’à bien se tenir ! 


Nous roulons au pas puis passons la frontière du pays imaginaire. Barrière en kit et douaniers. Il y a foule. Les caméras et les appareils photos se battent pour mettre en boite le couple présidentiel qui prend la tête du cortège à pied. Ca court un peu dans tous les sens, pas moyen de faire une photo pour le blog sans être bousculé.

Ambiance carnaval rural. Lunettes noires et bandeaux fluo orages. Comme d’habitude, les gars de la sécu se la jouent gros bras. Discours d’inauguration avec Jean-Pierre Mocky. Il annonce que Christophe Salengro jouera dans son prochain film : “J’aime bien les tronches”. Retrouvailles avec Xavier Fréquant, mon ancien producteur qui était sur No Popcorn au début de l’aventure. Il est avec un pote qui s’apelle Franck. 


Nous sommes tous invités à entrer au Pax, le cinéma de Quend. L’affiche de mon film est en bonne place et sera visible de tous pendant le festival, cool ça. Benoit Délépine et Raymond Défossé, co-créateurs du festival nous souhaitent la bienvenue. Un hommage sera rendu à Guillaume Depardieu qui avait été le premier président de ce festival. Délépine ose : “Malheureusement il ne pourra pas venir cette année..”. Rires. Projections de quelques bande-annonces et de films courts et un truc pas mal je trouve “Le vaisseau spécial” , une fiction audio d’Arte-radio. On a aussi le droit à un court intéractif avec les acteurs qui sortent de l’écran pour venir dans la salle parmi les spectateurs (Monde de oufs, “Histoire pas banale”) et à un film de Rémi, illustrateur complètement barré et hanté par des fantasmes sexuels très poétiques.


Petit tour dans la partie “off” du festival. Un parking a été transformé en vidéodrome. Ici c’est la caverne d’Ali Baba de la vidéo. Tentes, projections individuelles ou collectives gratuites arrosées de bières, caravanes, musiques techno par endroit. Nous entrons dans la  tente de “Bayonne Arrive”, un collectif de réalisateurs. J’entends un gars qui lance “Gaël Mocaër !!! “
Laurent fait parti du collectif et je l'avais croisé il y a très longtemps via une connaissance commune. Un petit film commence. Bizarre. Pas vraiment d’histoire mais quelques idées. Les films courts foisonnent, c’est un véritable laboratoire. Ils ont du courage d'attendre le chaland pour le faire entrer dans une tente … Inévitablement quelques punks à chiens trainent le long des tentes et des dunes. “Hé!!! Fait une photo de moi !! Allez vas-y !”. Pauvres chiens…



22h. Repas au Carré Grolandais, cette cantine pour les invités à des allures de cirque. Badge et bracelet bleu obligatoire. La bouffe est comment dire ?... équilibrée : j’ai le choix entre du pâté et du camembert. J’opte donc pour les deux avec un bout de pain. Je croise des regards, des visages que j’ai déjà vu, mais où ? Finalement je pose mon assiette en plastique sur une grande table avec l’équipe de la Croix Rouge. Eux, ils ne rigolent pas des masses… une longue nuit les attend.

Je rejoins Xavier et son pote pour boire un dernier verre. Barquette de frites sur le pouce. Il est minuit et pas mal de bars sont dèjà fermés. A mon avis, ils craignent les débordements et la viande saoûle. La police patrouille au pas. Interdiction de boire de l’alcool sur la voie publique. Whisky coca. Debaser.


Retour au chalet du camping et clope dans le jardin. Je m’allonge enfin avec grand plaisir. Transfert des photos sur l’ordi puis un rapide coup d’oeil sur la télé et les news. C’est la guerre du lait en France, les agriculteurs sont en train de crever ! Résistance ! Les Grolandais sont solidaires même s’ils préfèrent largement téter du houblon.

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