No Popcorn on the floor – Quend
11h30. Réveil au chalet sans gueule de bois. Ciel ensoleillé. Il fait bon. Douche. Au bar du camping la machine à expresso est malheureusement en panne. Café picard (c’est à dire avec de la chicorée) et croissant. Erf, pas génial. Lecture du “Courrier Picard” qui est partenaire du festival. J’aime bien jeter un oeil sur les pages locales. On y parle pêle-mêle de la vie dans les villages, des concours de pétanque, des matchs de foot, des kermesses, des mariages et des courses de vélo.
12h30. Question : comment rejoindre Quend-plage qui est à quelques bornes du camping ? Je demande à une chauffeuse de bus. “Non c’est ma pause là, je ne repars qu’à 14h”. Finalement je vois une navette avec l’autocollant de la présipauté. “Non monsieur désolé la navette est reservée aux invités.” Je m’empresse de dire au chauffeur que je suis invité avant qu’il ne mette les voiles. Ouf ! Du coup je fais le voyage avec les dessinateurs de Siné Hebdo. Notre chauffeur arbore fièrement un t-shirt rose bonbon officiel.
A l’entrée de Quend les gendarmes sont très nombreux et contrôlent. “Sommet du G8?”. “Non, festival du film grolandais…”. Fiers, debout derrière leurs barrières, ils bloquent toutes les rues. La présipauté, petit espace de liberté et de contestation, est cernée. (Ps : je me demande à quel couturo-designer ils ont fait appel pour leurs uniformes et leurs casquettes, c’est vraiment laid !). La navette nous dépose au Carré, direction la file d’attente pour manger. Saumon, taboulet et pomme de terre chaude. Je croise Gus que je n’avais pas vu depuis longtemps et qui me met la main sur l’épaule en me demandant “comment ça va ?”. Il mange en famille sur une table à côté. Mes voisins d’assiette sont cette fois-ci des sauveteurs en mer.
14h. Café bien serré en terrasse et bord de mer. Clope. Lecture de la presse. Côt côt côt… A côté de moi une tablée de 4 gars déguisés en poussins piaillent. Coup de téléphone de mon pote Youri Lenquette qui m’annonce qu’il va débarquer à Quend. Cool ! Appareil photo en bandoulière je me transforme en touriste pour faire quelques photos de l’ambiance du festival. Orchestre de rue Pampana : travaux publics et cuivres, très festif. Ballade rapide sur la plage le long des dunes. Photos de Christophe et de Carlita qui pausent gentillement près de la géode.
16h30. Interview sur Radio Campus Lille, une vraie radio libre. Je parle un peu de mon parcours et de No Popcorn pendant une petite demi-heure. Dédicace. On m’offre un t-shirt à l’effigie de la radio qui fête ses 40 ans. Passage rapide à la librairir grolandaise. Jacky Berroyer dédicace son dernier livre. Il a aussi un court-métrage en “compette”. Je me dis qu’il faudrait quand même que je vois un film. Lesbian Vampire Killers me tente bien. C’est un film anglais bien déjanté mais je ne le verrai pas : il passe à Berck, à 20 kilomètres d’ici !
20h50. Apéro au whisky dans une pizzeria avec Xavier. Nous parlons du film qu’il a produit et qui est présenté ici : “La raison de l’autre” de Foued Mansour a déccroché un prix d’interprétation au Festival du Court de Clermont-Ferrand. Joli! Une “campagnarde” pour moi, champignon et jambon.
22h00. Je trace vers le Pax pour la première projection de No Popcorn. Le vigile m’annonce qu’ils ont 45 minutes de retard. Youri et sa femme arrivent de Paris mais ils n’ont pas encore eu le temps de manger. Moules-frites devant un bistro picard. 22h50. La foule, nombreuse, est massée sur la place principale pour une projection en plein air. Une longue file d’attente s’est formée devant le cinéma. Beaucoup de jeunes. Ca fait plaisir. “Ah si j’avais pu avoir autant de spectateurs quand mon film est sorti en avril dernier …”. Nous négocions avec la projectionniste pour avoir 10 minutes de discussions après le film. Ce n’était pas prévu mais elle accepte. Franchement je ne vois pas l’intérêt de me déplacer depuis Paris pour dire uniquement “bonjour” aux spectateurs et leur souhaiter une bonne séance. Je ne vois pas non plus l’intérêt de leur parler de mon film avant qu’il ne l’aient vu. Ils sont plus d’une centaine dans la salle, attentifs. Mise en jambe. Je leur explique qu’ils vont voir un film polonais non-sous-titré. Gloussements et sourires en coin. Bonne projection à tous et à tout à l’heure.
En ressortant je croise certains membres du jury qui arrivent quand même avec 10 minutes …bof bof… Le président du jury n’est pas là non plus. JP Mocky présente un des films de sa rétrospective. Dommage, pour un passionné de cinéma… Peut-être sera-t-il là demain midi pour la seconde projection ? (Nb : certains membres du jury ne viendront pas du tout au festival comme Miossec et Julie Depardieu). Petit tour dans les caravanes de vidéos underground.Minuit 30. Retour en salle et applaudissements. La moitié de la salle se lève et s’en va avant même que je n’ai pu dire un mot. Bizarre… peut-être n’ont-ils pas l’habitude de voir un réal venir causer de son film ? Un gars se lève, prend le micro, et me félicite pour, dixit, “un superbe travail”. Flatteur va ! Quelques bras levés et quelques questions auxquelles je répond brièvement. “Je suis désolé nous n’avons plus le temps… un autre film va commencer”.
Deux panthères, une mère et se fille, viennent aussi me féliciter. Je les avais dejà apperçu à Cannes, plus de 20 ans qu’elles arpentent la Croisette. La plus jeune me lance “Je suis réalisatrice et je vais faire un film avec Noël Godin”. Gloup Gloup. Diane, la photographe de “Causette” en profite pour leur tirer le portrait. Nous partons tous boire un verre au Carré Grolandais. Pas beaucoup d’animation ce soir… Un groupe joue du punk en fond de scène.
Deux heures du mat. Nous cherchons désespérement un bar ouvert dans Quend-Plage mais c’est peine perdue. Youri me dépose au camping. Bye. Je m’étale sur le pieu avec la satisfaction du devoir (de représentation) accompli. Fondu au noir.


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