mercredi 13 mai 2009

Carnet de route n°6

No Popcorn on the floor - Inzinzac-Lochrist

Ma journée commence par un classique. Midi. Départ de la gare Montparnasse en TGV. Arrêt au Mans puis à Rennes. Deux minutes pour fumer ma clope à la porte du TGV. Le paysage change peu à peu, premiers toits en ardoise. Nouvel arrêt à Vannes. Le crachin pointe son nez, je suis bien en Bretagne. Terminus Lorient et passage rapide chez Europcar où Guillaume (ADR) m’a réservé une voiture de location pour ce “No Popcorn Tour” dans le 56. C’est une twingo, modèle 2. Petit tour au port de plaisance où je retrouve cette odeur d’iode et de mer que j’aime tant. Je récupére une carte du Morbihan à l’Office du Tourisme puis direction Inzinzac-Lochrist à quelques kilomètres de là. 5800 habitants, un joli théâtre, l’éternel PMU sur la place du village, une église et “Le Vulcain”, seul cinéma encore debout sur les 3 qui existaient ici.

Soirée d’ouverture du Festival de Cannes. Les radios sont à l’unisson, le matraquage a commencé et personne n’y échappe… Nadine, la directrice du cinéma a fait les choses en grand. Elle a acheté un tapis rouge et l’a fait dérouler devant son cinéma. Ca claque. Nadine est la seule salariée du Vulcain mais elle est soutenue par 70 bénévoles qui donnent leur énergie et leur temps pour ce cinéma familial. Leur enthousiasme et leurs sourires sont assez désarmants. Et puis, surprise ! Ben et Quem sont là !!! (Benoit Saliou et Eric Quemener). Je n’ai pas vu Ben depuis des lustres, nous étions ensemble au BTS audiovisuel à Bayonne en 94. C’est un beau cadeau. J’espère qu’ils vont aimer le film. Quelques spectateurs arrivent. Photo de famille devant le cinéma par un gars qui bosse à Ouest-France (enfin, d’après ce que j’ai compris).

18 entrées payantes et une trentaine de spectateurs dans la salle. “Merci pour votre curiosité, bonne séance et on se retrouve après la projection pour parler de cinéma”. Nadine m’invite à manger une délicieuse pizza dans un restaurant un peu plus bas dans le village. “C’est notre cantine ici”. Notre temps est compté. Depuis quelques temps, le temps de mes repas dure le temps de mon film afin d’être présent dans la salle à la fin de la projection. Merde, la prochaine fois je ferai un film de 3 heures pour profiter de ces moments! Un coup d’oeil dans la cabine avec Fred, le projectionniste. Le générique de fin défile. Une heure d’échanges chaleureux avec des spectateurs souriants. 


Nous sortons boire un verre de cidre accompagné de quatre-quart breton. Escalier à la verticale, ou presque. Tous les spectateurs sont invités à monter dans la cabine de projection. Nadine leur explique le fonctionnement du projecteur.

23h. Séance de dédicace sur affiches et petit mot dans le livre d’or pour les remercier de leur accueil. Ca fait vaiment bizarre de signer des autographes… je ne m’y ferai jamais. Ca serait plutôt à moi de leur demander des autographes non ? Histoire de me rappeler de leurs noms, des leurs visages. Fin de soirée et j’ai du mal à partir. Je récupère les deux bobines de mon film , les embarque dans la voiture et les cale derrière les sieges.  Surtout ne pas les abîmer ! Retour de nuit sur Lorient à l’hôtel Ibis près de la gare.

Hors de question de laisser les bobines dans la voiture. Comme dans un film muet, je les monte dans ma chambre. 18 images par seconde. La réceptioniste esquisse un petit sourire. 20 kg de pellicule, 3 ans de travail à bout de bras. Je sais que Chaplin l’avait aussi fait en son temps…la comparaison est bien prétencieuse mais on n’est jamais si bien servi que par soi-même. 


Je m’endors, le regard fixé sur ces deux bobines posées contre le mur. Demain elles feront la connaissance d’un autre projecteur.

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